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Auteur Fil de discussion: Le logiciel libre dans l'administration publique québécoise  (Lu 407 fois)
Homer
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« le: 06 Juin 2008, 18:36:05 »

Je savais que l'utilisation presque totale des logiciels propriétaires devait coûter très cher à l'État québécois... mais j'étais loin de me douter que cela coûtait aussi cher !

C'est en lisant un article du blog de Cyrille Béraud de Savoir-faire Linux que j'ai appris que le gouvernement du Québec avait dépensé, en 2 mois, la somme de 18 675 228,70 $ en licences Microsoft et Oracle.  Oui, plus de 18 millions, en 2 mois seulement, et uniquement pour les logiciels Microsoft et Oracle !

À l'heure où le gouvernement est toujours entrain de chercher de l'argent dans les fonds de tiroirs et d'incertitudes économiques, il me semble que le Québec devrait favoriser les logiciels libres lorsque des équivalents libres aussi bons, sinon meilleurs existent.  J'y vois tout de suite trois avantages majeurs : réduire les dépenses des technologies de l'information, favoriser la libre concurrence grâce à des appels d'offres publiques et la création d'emplois et de richesses au Québec.  Je pourrais sortir d'autres avantages, mais je crois que ce sont les principales.

Il n'y aurait certes pas une diminution des coûts net dès la première année dû à des besoins de formation des usagers, mais sur le moyen terme, les coûts pour l'État québécois serait beaucoup moindres que ce qu'il pait aujourd'hui en frais de licences.  De plus, comme l'article le dit bien, une partie de cet argent récupéré permettrait de créer plein de bons emplois (et entreprises) locaux qui contribueraient à faire rouler notre économie plutôt que celle de l'étranger (Microsoft et Oracle étant américaines, comme une grande proportion des éditeurs de logiciels, une grande partie de cet argent sort donc du pays).

Le modèle économique du logiciel libre est différent de celui du logiciel propriétaire.  Plutôt que de vendre à coût très élevé des licences d'utilisation contraignantes (vous savez, le contrat que vous ne lisez jamais lors de l'installation d'un logiciel...), les entreprises qui vivent du logiciel libre vendent plutôt leurs services et n'imposent pas de coûts de licences élevées pour chaque poste de travail.  Bien souvent, ce sont des entreprises locales plutôt que de grosses multinationales étrangères qui offrent ce type de services.  Aussi, du fait que le logiciel est libre (de modification et de distribution), ceci signifie que le marché est ouvert à la concurrence.  L'État pourrait (et devrait) donc pouvoir soumettre plusieurs soumissionnaires à un appel d'offre publique afin d'obtenir le meilleur prix du marché pour les services requis, chose que le gouvernement ne peut (veut?) pas faire aujourd'hui.  Ceci contribue à faire rouler notre économie, tout en diminuant nos dépenses.

À plus petite échelle, dans l'entreprise où je travail, nous avons depuis quelques mois quelques postes de travail qui roulent uniquement avec des logiciels libres.  Après une courte période d'adaptation, ces utilisateurs n'ont pas de problèmes particuliers à utiliser Linux plutôt que Windows, OpenOffice plutôt que Microsoft Office, Firefox plutôt qu'Internet Explorer, Pidgin plutôt que Windows Live Messenger, etc.

Je suis convaincus que nos braves fonctionnaires ne sont pas plus cons que la moyenne de la population et qu'ils seraient capables de s'adapter rapidement à leurs nouveaux outils de travail.  Alors pourquoi s'entêter à utiliser des produits propriétaires de compagnies étrangères ?  Plusieurs États en Amérique du Sud et en Europe ont déjà fait le saut et d'autres songent fortement à le faire dans les prochains mois.  Qu'est-ce que le Québec et le Canada attendent ?

Vous ne trouvez pas que ces 18 millions pourraient être mieux investis ?  Qu'est-ce que vous en pensez ?
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« Répondre #1 le: 07 Juin 2008, 18:48:38 »

Je suis tout à fait d'accord avec le fait que les gouvernements devraient prioriser les logiciels libres. Ils ont tout à y gagner, la liste des avantages est vraiment longue (en voilà 25, mais ce ne sont pas les seuls) et un avantage majeur est certes la diminution des couts.

Le gouvernement québécois connait l'existence des logiciels libres et leurs avantages. Une étude a même été faite à ce sujet. Bien qu'il semble que le gouvernement ne s'y intéresse pas, je crois qu'elle fait son chemin tranquillement pas vite. Le conjoint d'une collègue de travail, un travailleur en informatique de la fonction publique, a justement eu une formation sur Linux cet hiver.

Malgré cela, je crois que le gouvernement est actuellement dans une situation très problématique vis-à-vis l'adoption massive des logiciels libres. Microsoft n'est pas le numéro 1 des logiciels pour rien, et ce, malgré le fait que Microsoft n'a jamais innové et a toujours acheté ou copié des technologies tierces. La raison est que Microsoft a une maîtrise quasi parfaite de son marché. Et l'une des techniques de Microsoft est de rendre incompatibles les technologies qu'il vend. Le gouvernement possède une énorme quantité d'applications programmées en VB, C#, Accès, Excel, etc. L'adoption de Linux est donc impossible tant que ces technologies ne seront pas supportées officiellement sur Linux (ce qui est peu probable) ou que plus aucun de ces logiciels ne soit utilisé. Reprogrammer l'intégralité de leurs logiciels n'est évidemment pas une option, cela couterait beaucoup plus cher que les couts sauvés.

Le gouvernement n'a d'autres choix que de faire une très lente adoption des logiciels libres (achat et développement des nouveaux systèmes et logiciels sur des technologies libres et la maintenance des logiciels propriétaires existant tant qu'ils servent). Ce qui peut prendre TRÈS longtemps, si l'on pense aux mainframes Cobol qui sont toujours utilisés et qui ne seront pas remplacés avant longtemps. Je ne serais pas surpris non plus de retrouver des logiciels programmés en VB3 ou moins qui ont été mis à jour vers VB6 ou VB.Net au fil des ans.
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Homer
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« Répondre #2 le: 08 Juin 2008, 18:39:39 »

Oui bien sûr, la migration ne se ferait pas en 2 semaines Clin d'oeil.

De toute façon, l'utilisation des logiciels libres ne doit pas être un dogme.  Lorsqu'une solution propriétaire est supérieure, elle ne doit pas être jeté car elle n'est pas libre.  Il restera donc toujours de la place pour des licences Windows et Oracle pour certains besoins.

Le problème aujourd'hui est que le gouvernement a comme dogme l'utilisation des produits Microsoft et Oracle (entre autre), sans même réfléchir aux offres concurrentes.  La seule motivation officielle du gouvernement pour l'achat de licences Microsoft et Oracle sans égard aux produits libres disponibles est :

Citation
Ce fournisseur est le seul possible compte tenu du fait qu’il détient les droits d’auteur sur les logiciels utilisés, tel que le spécifie l’alinéa 7 de l’article 12 du Règlement sur les contrats d’acquisition, de construction et de services des organismes publics.
Source

D'autres États ont déjà passés partiellement ou complètement au logiciel libre.  Je ne crois pas que nous sommes les seuls à être plus ou moins envahis par les technologies Microsoft et qu'il est possible, lentement mais sûrement, de migrer sans accrocs.
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« Répondre #3 le: 09 Juin 2008, 08:16:48 »

Le logiciel libre a des alliés qui travail fort pour son adoption dans les différentes entités gouvernemantales. Un professeur de l'université Laval (Daniel Pascot pour ne pas le nomer) travail sur l'analyse du système pour informatisé les dossiers de santés. Il fait tout son travail en libre  et  utilise cette porte d'entrée pour értablir le libre dans les gouvernements. Quand j'ai travaillé pour lui l'été passé il était entrein de mettre sur pied une clef USB "Live" pour démontrer les capacités d'un environmenet de travail KDE.

Aussi, les bureaux de Savoir Faire Linux (SFL) à Québec sont dans le même édifice qu'un ministère (je ne me rappel plus lequel parcontre). C'est une position très avantageuse car ils sont en mesure de fournir un support plus rapidement à ce ministère et c'est plus facile pour SFL d'être à jour sur les changements au gouv. Gros plus quand on fait des soumissions.

Le changement vers le libre doit, plus souvent qu'autrement, venir de petites innitiatives et gagner du terrain par leur nombre. Une cible de choix pour le libre est les écoles secondaires. Jésus-Marie, à Québec, offre de cours de photoshop, de PowerPoint et de 3D Studio Max... sauf que ce sont des cours de GIMP, OOo Impress et Blender. Pourqoi? Principalement le coût, mais aussi parce que les ressources (tutoriels, forums, aide en ligne sur IRC) sont plus facile d'accès pour un professeur que d'ouvrir un ticket helpdesk chez Autodesk quand quelque chose ne va pas. C'est aussi plus facile pour les étudiantes de trouver de l'aide pour mettre à terme leurs travaux. Ce genre d'innitiatives sont exellentes pour le Libre.

Si on veut une adoption massive dans les gouvernements, il faut l'imposer par la force du nombre.

Il faut bien comprendre la manière de procéder des gouvernments: Sous-traitance, sous-traitance, sous-traitance. Les gros gouvernement: SAAQ, Santé, Finances, n'ont presque ou plus dutout de support technique dans le ministère. Alors si un logiciel est implanter, il doit pouvoir être soutenu par le contractant. Maintenant, trouver 200 personnes de support technique premier niveau dans le libre, c'est difficile, pas impossible mais difficile. C'est pourquoi viser la conversion total d'un ministère vers le libre est pour le moment eutopique. Parcontre, des entités comme Novell et Canonical peuvent offrir ce genre de support, il leur faut simplement des partenaires fiable et solide dans la province de Québec. Savoir Faire Linux en est un, mais il en faut d'autre. Créer de l'emploi dans le libre est une des clefs vers le succès de celui-ci!

Go Libre Go!!

 
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Homer
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« Répondre #4 le: 05 Juillet 2008, 18:34:26 »

Voici un article intéressant sur la migration de l'Assemblée Nationale française aux logiciels libres après un an d'utilisation.

http://www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39382082,00.htm

Le bilan est plutôt positif et prouve encore une fois que le logiciel libre a sa place dans tous les types d'entreprises et surtout dans les administrations publiques !
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« Répondre #5 le: 30 Aot 2008, 09:06:56 »

Citation
Montréal, le 28 août 2008 - FACIL, association à but non lucratif, qui prône l'appropriation collective de l'informatique libre, dénonce les pratiques d'achats de logiciels nécessaires à l'administration publique sans appel d'offres de la part du Gouvernement du Québec. FACIL a déposé une requête en Cour supérieure du Québec pour faire cesser ces agissements car elle considère ces pratiques comme contraire au Règlement sur les contrats d'approvisionnement, de construction et de services des ministères et des organismes publics (R.Q. c. A-6.01, r.0.03) et à l'intérêt du Québec.

http://facil.qc.ca/fr/media/20080827-facil-conteste-les-pratiques-gouvernementales

Cette nouvelle à fait le tour du monde en seulement 2 jours, je crois que le message passe de mieux en mieux.
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