Je savais que l'utilisation presque totale des logiciels propriétaires devait coûter très cher à l'État québécois... mais j'étais loin de me douter que cela coûtait aussi cher !
C'est en lisant un
article du blog de Cyrille Béraud de Savoir-faire Linux que j'ai appris que le gouvernement du Québec avait dépensé, en 2 mois, la somme de 18 675 228,70 $ en licences Microsoft et Oracle. Oui, plus de 18 millions, en 2 mois seulement, et uniquement pour les logiciels Microsoft et Oracle !
À l'heure où le gouvernement est toujours entrain de chercher de l'argent dans les fonds de tiroirs et d'incertitudes économiques, il me semble que le Québec devrait favoriser les logiciels libres lorsque des équivalents libres aussi bons, sinon meilleurs existent. J'y vois tout de suite trois avantages majeurs : réduire les dépenses des technologies de l'information, favoriser la libre concurrence grâce à des appels d'offres publiques et la création d'emplois et de richesses au Québec. Je pourrais sortir d'autres avantages, mais je crois que ce sont les principales.
Il n'y aurait certes pas une diminution des coûts net dès la première année dû à des besoins de formation des usagers, mais sur le moyen terme, les coûts pour l'État québécois serait beaucoup moindres que ce qu'il pait aujourd'hui en frais de licences. De plus, comme l'article le dit bien, une partie de cet argent récupéré permettrait de créer plein de bons emplois (et entreprises) locaux qui contribueraient à faire rouler notre économie plutôt que celle de l'étranger (Microsoft et Oracle étant américaines, comme une grande proportion des éditeurs de logiciels, une grande partie de cet argent sort donc du pays).
Le modèle économique du logiciel libre est différent de celui du logiciel propriétaire. Plutôt que de vendre à coût très élevé des licences d'utilisation contraignantes (vous savez, le contrat que vous ne lisez jamais lors de l'installation d'un logiciel...), les entreprises qui vivent du logiciel libre vendent plutôt leurs services et n'imposent pas de coûts de licences élevées pour chaque poste de travail. Bien souvent, ce sont des entreprises locales plutôt que de grosses multinationales étrangères qui offrent ce type de services. Aussi, du fait que le logiciel est libre (de modification et de distribution), ceci signifie que le marché est ouvert à la concurrence. L'État pourrait (et devrait) donc pouvoir soumettre plusieurs soumissionnaires à un appel d'offre publique afin d'obtenir le meilleur prix du marché pour les services requis, chose que le gouvernement ne peut (veut?) pas faire aujourd'hui. Ceci contribue à faire rouler notre économie, tout en diminuant nos dépenses.
À plus petite échelle, dans l'entreprise où je travail, nous avons depuis quelques mois quelques postes de travail qui roulent uniquement avec des logiciels libres. Après une courte période d'adaptation, ces utilisateurs n'ont pas de problèmes particuliers à utiliser Linux plutôt que Windows, OpenOffice plutôt que Microsoft Office, Firefox plutôt qu'Internet Explorer, Pidgin plutôt que Windows Live Messenger, etc.
Je suis convaincus que nos braves fonctionnaires ne sont pas plus cons que la moyenne de la population et qu'ils seraient capables de s'adapter rapidement à leurs nouveaux outils de travail. Alors pourquoi s'entêter à utiliser des produits propriétaires de compagnies étrangères ? Plusieurs États en Amérique du Sud et en Europe ont déjà fait le saut et d'autres songent fortement à le faire dans les prochains mois. Qu'est-ce que le Québec et le Canada attendent ?
Vous ne trouvez pas que ces 18 millions pourraient être mieux investis ? Qu'est-ce que vous en pensez ?